vendredi 6 mai 2011

Le jour où je me suis aimé pour de vrai

Texte de Charlie Chaplin...

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de vouloir une vie différente
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive
contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Maturité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à percevoir l’abus
dans le fait de forcer une situation ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux,
sachant très bien que ni la personne ni moi-même
ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment…
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… le Respect.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire,
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… l’Amour propre.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre
et j’ai arrêté de faire de grands plans,
j’ai abandonné les méga-projets du futur.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime
quand cela me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Simplicité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de chercher à avoir toujours raison,
et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert … l’Humilité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois.
Et cela s’appelle… la Plénitude.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur,
elle devient une alliée très précieuse !
Tout ceci est… Savoir vivre.

Charlie Chaplin

P.S. C'est tellement beau, vrai...Voilà pourquoi je le partage sur mon blogue à vous tous que j'aime.
Claire.

mardi 3 mai 2011

C’est mon anniversaire !

Aujourd’hui, j’ai 59 ans… Dans un an, j’aurai 60 ans !
Oh la ! Le temps passe…vite, vite !

C’est fou, au lieu de songer à m’arrêter, j’ai le goût plus que jamais de déployer mes ailes ! Avec délicatesse évidemment, en évitant de blesser quiconque autour de moi.Oui, j’ai envie de m’émanciper encore un peu… du moins pour le temps qu’il me reste. Depuis quelques jours, j’élabore de nouveaux projets. Tout cela m’interpelle, me demande d’être créative… J’adore ! Je cherche… Oui, je cherche, tous les jours… Je m’amuse…

Quand je jette un coup d’œil derrière moi, je réalise combien de défis la vie m’a lancés et combien j’ai su en relever. Alors, je n’ai plus de craintes maintenant. Je sais parfaitement ce que je suis capable de mener à bien, de réussir. Je sais aussi ce que je ne veux pas accomplir. Mais je sens bien que ma soixantaine saura s’occuper de moi, car elle me lance déjà des défis, ne serait-ce que dans le domaine de la santé. Mais il y a plus… je vois cela poindre à l’horizon… J’ai l’impression que la soixantaine me demande de rentrer encore davantage en moi-même, de m’interroger, d’assumer mon passé, de vivre davantage le moment présent et d’apprécier la vie dans sa simplicité. En fait, elle m’indique de commencer à vivre pour moi-même… et créer.

C’est mon anniversaire. J’ai reçu plein d’amour aujourd’hui.
Je suis toujours émue le jour de mon anniversaire. C’est la faute du temps. C’est sans doute la seule journée de l’année où je prends vraiment conscience de sa course effrénée. C'est la force la plus inflexible que je connaisse. On ne peut rien contre elle… Par moments, j’ai eu un peu la frousse aujourd’hui…59 ans, c’est presque 60 ans ! Je me suis même demandée, s’il y avait un avenir pour moi avec mes deux cancers…Mais là, je me suis calmée le pompon et j’ai ressaisi mes émotions et j’ai vu que ce moment de tristesse était plus qu’éphémère, car peu importe le temps qu’il me reste, ce qui demeure c’est celui qui reste et j’ai décidé de le prendre à pleine mains. Oui, je veux vivre, vivre et vivre encore…. C’est ma façon d’aimer la vie…

Comme souhait d’anniversaire, faites-moi plaisir et continuez de prendre soin de vous-mêmes, simplement par amour pour vous.
Je vous aime grandement, chacun, chacune.

Claire.

Un article paru dans le magazine VITA

Pour ceux et celles qui ne l'avaient pas lu

J'ai reçu plusieurs demandes...
Voici donc l'article qu'a écrit ma soeur Hélène, journaliste, dans la chronique CORPS ET ESPRIT – VÉCU du magazine VITA du mois d'avril dernier.
Vivre avec le cancer
Ma soeur, mon amie, la vie

Et si le cancer enseignait à vivre? À cette question qui peut sembler absurde, Claire, elle-même atteinte d’un cancer incurable, apporte une réponse… lumineuse !

par Hélène Matteau

24 janvier 2008. «Bonjour vous tous que j’aime, mes frères, mes sœurs, mes amis. Ce matin, j’ai appris une mauvaise nouvelle: j’ai le cancer!»
Quand j’ai reçu ce courriel, le temps s’est figé. Les mots de Claire, ma petite sœur, n’arrivaient pas à pénétrer mon cerveau. Pas ça, pas elle, si pétillante de santé, qui commençait, libérée, sa retraite. Et ses cinq enfants? Il est toujours trop tôt pour voir mourir sa mère!

Fin octobre 2010. Claire sort de chez elle, habillée bien chaudement. Elle traverse la rue, pénètre dans le sous-bois et emprunte d’un bon pas la piste de randonnée. Elle entreprend sa marche quotidienne. Une heure avec elle-même. Cette habitude, elle l’a adoptée à 55 ans, quand elle a appris qu’elle souffrait d’un cancer. Un sale cancer des ovaires, l’un des plus meurtriers de tous, parce que sans symptômes. Des métastases dans tout le corps. Incurable. C’était une petite bosse de rien du tout, dans le cou. Elle aurait pu ne jamais s’en inquiéter. Elle serait morte très vite.

Pourtant, trois ans plus tard, Claire est toujours là. Vivante, énergique, joyeuse … même si elle souffre, depuis, d’un deuxième cancer, du sein celui-là. Bon dieu, comment peut-elle garder le moral ? Et plus encore, faire des projets? Car non seulement elle en fait, mais elle les réalise! Un blogue régulièrement alimenté, trois nouveaux bouquins publiés avec tout ce que cela comporte de suivi médiatique, un déménagement avec changement complet de cadre de vie, une vie familiale intense… Et j’en passe.

Aujourd’hui, je l’accompagne, magnétophone en poche. Une promenade en pleine nature, rien qu’elle et moi, rapprochées sous l’abri des derniers feuillages, pour parler des «vraies affaires». Celles qui regardent l’âme.

Claire n’oubliera jamais le choc du tout premier jour. «Juste le mot cancer, et tout de suite j’ai pensé à la mort. C’est vraiment un coup de poing. Je me suis sentie basculer comme si, littéralement, j’allais tomber en bas de ma chaise. Ce mot-là m’arrachait tout projet, tout avenir. Il m’a fallu quelques heures pour décortiquer la nouvelle. Je n’arrivais pas à dormir ni à saisir à quoi je devais m’attendre. Je ne connaissais pas ce cancer-là, je n’avais pas de douleur, seulement une bosse. Je me disais que c’était une erreur, qu’ils s’étaient trompés. Non, non, non, je ne veux pas mourir! Et puis, lentement, je me suis mise à y penser, à la mort, à comprendre qu’elle faisait maintenant partie de ma vie.
― Tu t’es faite à l’idée de mourir?
― Oui. Je pourrais toujours espérer un miracle, mais je perdrais mon temps. Surtout que les médecins m’ont expliqué que dans mon cas, il n’y a pas de guérison possible. Seulement sept pour cent de chances de survivre cinq ans. Ma finitude est donc là, devant moi. Mon compte à rebours a commencé en 2008, alors tu comprends que j’ai l’impression que les grains du sablier s’écoulent de plus en plus vite … Je sais bien que je ne peux pas me projeter 10 ans en avant, mais je ne veux pas y penser: je rejette absolument tout ce qui est négatif dans ma vie ! Me projeter de six mois en six mois, ça me suffit! Et puis je choisis les personnes avec qui je désire garder contact. J’ai découvert que certaines relations étaient toxiques pour moi: je les ai laissées tomber. Aussi, j’ai appris à vraiment suivre mon intuition. Quand je l’entends me dire: «Claire, tu n’es pas bien», je l’écoute. Je n’ai plus ni le temps ni l’énergie pour me battre contre elle.
― Quand on t’a annoncé que non seulement ton cancer récidivait, comme prévu, mais qu’il y en avait un deuxième, à quoi as-tu pensé ?
― Que j’avais beau être forte, ça commençait à aller mal un peu! [Rires] Et puis je me suis dit: «OK, cette fois je sais quoi faire, comment l’affronter, le cancer. Mon corps m’a bien servie jusqu’ici, maintenant qu’il a des problèmes, c’est à moi de prendre soin de lui. Je suis mes traitements, je me nourris bien, je fais de l’exercice…

Mais je me suis inquiétée, je l’avoue : qu’est-ce que je vais laisser en héritage? J’ai écrit des livres, c’est une chance! Surtout L’Embellie, un cancer dans ma vie. Celui-là, je tenais à ce qu’il se fasse, et il existe. Je vais donc laisser à mes enfants mes livres, mes poèmes, puis mes chansons et mes compositions musicales. Ces temps-ci, j’enregistre un CD qui regroupera tout ça. Ce sera mon message: «Regardez, on peut créer! Vous en êtes capables, créez votre vie!»
― As-tu eu des périodes du genre «Pourquoi ça m’arrive à moi?» ?
― Non. Je n’ai jamais victimisé ni culpabilisé. Je n’ai même pas pensé: «Je n’aurais pas dû fumer». J’ai fumé 36 ans, j’ai peut-être une part de responsabilité dans ce qui m’arrive, mais je ne regarde pas en arrière. Même si je me flagellais, mon bagage resterait ce qu’il est. Je ferai avec! Je peux peut-être influencer l’avenir: penser ça me donne de l’énergie. Je vis dans mon présent. Je n’ai pas ce qu’on appelle une «attitude positive», je ne cherche pas le bonheur. Simplement, j’aime la vie.

En fait, plus je pense à la mort, plus je pense à la vie. Ça marche ensemble, on ne peut pas séparer les deux. Et plus je pense à la vie, moins la mort me fait peur. C’est extraordinaire! Mais j’aimerais vivre longtemps, parce que j’aime la vie, sa force. C’est ma plus belle découverte. Avant, avec les enfants, le travail,je n’avais jamais le temps de m’arrêter à la beauté de la vie. Aujourd’hui, je prends tout ce qu’elle m’offre. Tu vois le soleil à travers les branches? Eh bien je le prends!
― Savoir la mort si proche, est-ce que ça t’a rapprochée de la religion ?
― J’ai abandonné la religion il y a très longtemps. Je n’y suis pas revenue. Mais il m’est arrivé une drôle de chose. En faisant ma marche, je suis passée devant une statue de la Vierge, près d’un couvent. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis mise à lui parler. Imagine! Moi qui n’ai jamais été portée vers elle, au contraire (elle m’a toujours énervée!), je lui ai dit: «Marie, t’es une femme, peux-tu m’expliquer pourquoi mes ovaires, qui ont permis de donner la vie à tant de reprises, m’enlèvent la mienne aujourd’hui?» Depuis ce jour-là, elle est devenue ma confidente. Pas une sainte, une femme comme moi. Dieu? Je l’associe au soleil. Quand je fixe la lumière à travers les branches, je le sens. Je lui demande: «Donne-moi l’énergie de poursuivre» et ça me rassure. C’est ma forme de méditation à moi.

Tu sais, j’ai hâte de sortir de mon corps. Il y a une date fixée pour moi sur un calendrier, quelque part, et ce jour-là je vais enfin être libérée, je vais devenir moi tout entière, avec mon énergie entière. Mon corps aura fait son temps. En fait, je ne mourrai pas. Je suis devenue très consciente de ça: on est éternels, on a toujours été, on fait juste entrer dans un corps, puis on l’abandonne et on continue. J’ai une image dans la tête, celle de l’océan. Prends une goutte, n’importe laquelle. Si tu la relances dans l’océan, tu ne peux pas dire: tiens, la voilà, je la vois! Mais tu ne peux pas dire non plus qu’elle a disparu. Simplement, elle est redevenue l’océan.
― Tu as trouvé le bonheur?
― Je préfère parler de joie intérieure. De lumière. C’est tellement beau ce que je vis, je souhaiterais un cancer à tout le monde, juste le temps d’être obligé d’y faire face! [Rires] Mais je suis encore ici, sur Terre, je ne suis pas encore désincarnée, la vie est toujours belle et j’ai encore besoin des autres. J’ai de la difficulté avec le mot bonheur. On dirait, des fois, que les gens se sentent obligés d’être heureux. Alors ils forcent la note. C’est très exigeant! Ça arrive à plusieurs malades à qui on répète que, pour s’en sortir, il leur faut prendre une «attitude positive». Ça devient un devoir. S’ils n’y arrivent pas, ils se sentent coupables. C’est horrible. Il n’y a pas de recette de bonheur, pas de mode d’emploi. Seulement l’ici-maintenant, sans forcer.
Il m’arrive d’avoir de grosses «crises de braillage» dans le bois. Un jour, j’ai piqué une colère noire. J’étais révoltée contre tous les deuils que j’avais à vivre: mes projets de retraite, ma vie de couple vieillissant, les petits-enfants que je ne connaîtrai pas. J’ai tout pleuré ce que je pouvais pleurer. Puis je me suis dis: «Et maintenant, qu’est-ce que tu fais?» Je ne me crée plus d’attentes. Si je ne deviens jamais grand-mère, mon deuil aura été fait. Si je le deviens, ce sera une joie totale. J’ai commencé à écrire un autre livre. Je le finis? Merveilleux! Non? Tant pis! Je suis prête à partir. »

Au bout de notre chemin, un large étang, serein. Des bernaches se dandinent sur la rive, des malards se chauffent sous un rayon oblique. Un écureuil pressé nous passe entre les pieds. C’est le crépuscule. La vie, la mort, le temps, l’éternité… Ici, maintenant, tout ça s’entremêle. Elle a raison, ma petite sœur. La mort est dans la vie, la vie est dans la mort. Voilà peut-être la leçon du cancer…

mercredi 13 avril 2011

Surprise ! C’est encore moi…!

Je vous écris beaucoup, ces temps-ci ! Je suis contente !
J’ai de grandes nouvelles à vous annoncer qui me plaisent énormément.
Cet après-midi, j’avais une rencontre avec le docteur K. Chan, mon gynécooncologue-chirurgien afin de parler de possibilités de méthodes chirurgicales avec lui. Depuis quelques semaines, j’ai des métastases et des ganglions qui s’activent un peu trop dans mon abdomen. Il serait bien de leur montrer de quel bois je me chauffe afin de réduire considérablement leur entrain ! Mes cellules cancéreuses de l’ovaire sont en pleine effervescence, elles se croient tout permis …mais contrairement à ce qu’elles imaginent, c’est moi la CHEF ! Donc, donc, donc…
Fin mai, soit le 27 ou le 30, je serai de retour en salle d’opération pour une parascopie. L’incision minime sera faite à mon côté gauche, juste un peu sous les dernières côtes. Cette procédure est utilisée dans les opérations qui ne nécessitent pas d'effectuer de grandes ouvertures. Évidemment, cette technique permet de réduire de beaucoup la convalescence. Le chirurgien ne faisant simplement que quelques petits trous afin d'insérer ses instruments chirurgicaux ainsi qu'une caméra à fibre optique, les dangers d’infection sont moindres. Par contre comme j’ai été opérée en mai 2008, il est possible que depuis trois ans, la cicatrisation ait causé des adhérences à l’intestin. Donc, il sera difficile pour le chirurgien de mener à bien son travail. C’est alors qu’on poursuivra en faisant une laparotomie, le terme médical utilisé pour décrire l'opération consistant à inciser l’abdomen en vue d’une intervention chirurgicale classique.
Je suis contente qu’on procède à l’ablation de ces ganglions et métastases qui s’amusent à essaimer dans mon corps. Suite à cette chirurgie, j’aurai dans les jours suivants le premier de six traitements de Taxol-Carboplatine pour ma chimiothérapie…
Je veux trois années minimum de survie avec cette potion magique ! Je les aurai…Foi de Claire ! Qui dit mieux ?
Je vais continuer de prendre soin de moi pour affronter mon été…
Je me sens d’attaque !
Que la Vie est belle, oui, oui !
Je vous aime…
Merci d’être là et de continuer à m’encourager depuis tous ces mois passés, ces trois années, en fait…
Portez-vous bien… et que la Vie soit bonne pour vous !

Claire

lundi 11 avril 2011

Quel bel échange !

« Je suis né pour répondre à un désir que j’avais de moi-même. »
André Malraux

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ma fille aînée, Catherine. C’est elle qui a eu l’idée de ce blogue, en 2008. C’est elle surtout qui a fait de moi, pour la première fois, une mère. Elle avait besoin de moi pour venir sur Terre. J’avais besoin d’elle pour donner un sens profond à ma vie. Quel beau partenariat ! Cela dure depuis 36 ans maintenant…
À chacune des dates anniversaires de mes enfants, je ne peux m’empêcher de me souvenir d’eux bébé, enfants, adolescents et de les admirer maintenant dans l’adulte devenu. Un jour, ils seront peut-être parents…
Au cours de toutes ces années passées, chacun d’eux est venu me conforter dans ce désir profond que j’avais de moi-même : être mère ! Bien sûr, il y a eu de ces jours, où j’aurais voulu être célibataire ! Mais cela ne durait que quelques minutes… J’aime mes enfants. Énormément. Je leur ai beaucoup donné… Mais eux aussi m’ont tellement donné. Ils ont fait de moi une personne meilleure, enfin, je le crois… Ils m’ont aidée à développer ma générosité, ma patience, ma résilience, ma force intérieure. En fait, ils m’ont appris à m’humaniser davantage. C’est ainsi…
Mes sœurs et frères et moi avons aussi fait de même pour nos parents…
Nous faisons tous cela d’ailleurs…
Nous ne sommes pas conscients de cet échange, de ce partage…
Heureusement d’ailleurs !
Aujourd’hui, quand Pierre et moi recevons tous nos enfants autour de notre grande table ou quand ils viennent, tour à tour, nous visiter pour nous parler de leurs projets, de leurs inquiétudes, de leur avenir, je suis toujours émue…Quel beau cadeau de la vie que de les voir prendre leur vie en main! Quel étonnement aussi de les voir craindre les mêmes étapes que nous avons eu à traverser à leur âge!
Cela me fait tout drôle d’être devenue une référence !
Pourtant quand j’y pense, mes parents, quoique décédés, demeurent toujours mes confidents… Ils demeurent ma référence, ma lumière même dans la mort… Ils sont redevenus des êtres de lumière ce que nous avons tous été, tous, depuis toujours, toujours…
Oui, dans quelques semaines, je prendrai le bateau vers ma soixantaine… Ouf !J'espère que la mer ne sera pas trop houleuse...
Je constate que ma vie aura été bien remplie… J’en ai fait beaucoup, c’est vrai…
Mais de tout ce que j’ai vécu, appris, aimé, c’est le bonheur d’être mère qui me comble le plus et qui me comblera toujours. C’est la seule véritable démarche de ma vie dans laquelle j’aurai su m’épanouir totalement.
Oui, je crois que j’avais choisi la famille comme plan de vie…
J’avais ce désir profond… !

Merci mes enfants… Merci !
Je vous aime, tant et tant.
Bon anniversaire, ma belle Catherine ! Tu es une femme exceptionnelle à mes yeux !

Claire.

P.-S. Papa, je pense à vous aujourd’hui…

jeudi 7 avril 2011

De bonnes nouvelles!

Hier, je suis allée rencontrer mon oncologue préférée, la docteure Catherine Prady. Les résultats de mon scanneur du 23 mars sont excellents : les métastases s’énervent ! Mon CA est maintenant à 76… Donc, je passerai sous peu en mode attaque! Mon corps et moi avons du pain sur la planche pour les prochains mois ! Il nous faut continuer à bien nous nourrir, à poursuivre notre marche quotidienne de 5 kilomètres et plus, et surtout rassurer les cellules cancéreuses qui s’essoufflent en vain à se reproduire… Oui, mes belles cellules défectueuses, mon corps et moi serons à votre rescousse sous peu ! Soyez patientes, on va vous aider à réduire cette course folle de reproduction désordonnée.
Voici notre stratégie de combat, comme me le suggère Docteure Prady : la semaine prochaine, je rencontrerai le docteur Kenneth Chan, mon gynécooncologue, celui qui m’a opérée en mai 2008! J’aurai à discuter avec lui de mon retour sur la table d’opération. Que penserait-il de m’offrir une session de grattage, de coupage et de zigouillage afin d’enlever le plus possible les petites métastases qui se forment…. Ensuite, afin d’aider mon cancer à se calmer les nerfs, j’aurai six traitements de chimiothérapie, avec taxol et carboplatine. Toute une potion magique!
Voilà donc grosso modo le plan d’attaque! J’ai hâte… Dans le fond, on me refait revivre la même démarche qu’à l’hiver et printemps 2008, démarche qui m’aura donné trois années de survie… Donc, donc, donc…, je m’attends à ce que ce même traitement me donne encore une fois trois années de plus… Il le faut, j’ai plein de projets…
J’ai tellement appris depuis 2008… ! Oui, j’ai découvert une force incroyable en moi, une richesse étonnante ! Je n’ai plus peur de la mort, de la maladie et j’ai surtout appris à m’aimer et à m’éloigner de ce qui m’est néfaste tant au cœur qu’à l’âme ! Depuis, je n’ai jamais trouvé la Vie aussi belle! Merveilleusement belle !
Je suis heureuse. Tout simplement !
Je vous aime.
Prenez soin de vous, n’oubliez pas !
Claire .
P.-S. Si vous avez deux secondes, prenez le temps de lire le dossier (page 115) sur le cancer de l’ovaire dans le magazine VITA d’avril ainsi que l’article qui suit à la page 121 que ma sœur Hélène a écrit sur ma petite personne…

lundi 21 mars 2011

Le printemps…

Ce matin, je me suis rendue à la pharmacie y chercher des médicaments. Alors que j’attendais, j’ai parcouru une revue. J’y ai lu : « Renoncer ne veut pas dire abandonner les choses de ce monde, mais accepter qu’elles partent ! » Wow ! J’aime bien cette philosophie. Elle me rassure… Le bonheur n'est-il pas ce qu’il reste quand on a tout perdu ? Personne ne peut nous voler cet état d’âme... Une fois qu'il nous habite, il fait partie de nous... à jamais!

Le bonheur, ça se cultive…

Sur le chemin du retour, la neige tombait sur ce premier jour du printemps. C’est fou, je sais, mais il m’est venu une drôle d’image quand je me suis mise à examiner les branches des arbres du boisé autour de chez moi : nous avons tous été des bourgeons !

Oui, des bourgeons… !
J’ai compris qu’un jour, toutefois, valait mieux accepter le risque d’éclore ! Oui, valait mieux vivre son printemps, et poursuivre les cycles des saisons de notre vie… Quel tourbillon que ce débourrement ! Des floraisons d’événements, de pensées de toutes sortes, d’expériences tant physiques que spirituelles qui nous ont épanouis au fil des jours, des aurores et des crépuscules. Puis, de germination en germination, nous avons enfin émergé pour devenir soi-même. Depuis, nous ensemençons autour de nous, toujours, encore, et encore… Puis, régulièrement, dans un ordre bien établi selon les lois de la nature, viennent les moissons…

Oui, nous récoltons aujourd’hui ce que nos hiers ont semé...
Nous récolterons demain ce que nous semons aujourd’hui.
Nous récolterons toujours, encore et encore…
Tout jardinier vous le confirmera. Ceci est une vérité immuable de l’univers, tout aussi immuable que le sont les saisons.

Le printemps…
La nature renaît…
Je me demande bien ce que je devrais semer pour nourrir mes lendemains à venir…


Je vous aime !
Bon printemps… !

Claire, qui repart au bord de la mer encore une fois…