Ceci est un blog pour informer les proches de maman de son état de santé durant cette lutte qu'elle s'apprête à vivre.
lundi 9 novembre 2009
la vie est belle...
Le 24 janvier prochain, cela fera deux ans que le diagnostic du cancer, stade 4, grade 3 me foudroyait l’espace de quelques minutes. Les statistiques ne m’offraient pas beaucoup de temps, un an à peine… J’ai toujours eu en tête l’intention de faire mentir les statistiques. … Il semble que je m’enligne allègrement vers une troisième année. Yes !
Je pète le feu… Je suis heureuse. Profondément. Plus rien de négatif longtemps… Les jalousies, les envies, les manipulations des autres me coulent sur le dos… Je ne vis que pour moi et que pour ceux que j’aime.
C’est incroyable combien le cancer m’aura sensibilisée à la beauté de la vie, à la grandeur de l’instant, à sa magie…
C’est un beau cadeau que la vie m’a offert en me laissant connaître cette maladie qu’est le cancer… Je sais que c’est bizarre, mais c’est ce que je ressens.
Le cancer m’a sortie de la course folle que je menais. Il m’a obligée à m’arrêter, à réfléchir… J’ai découvert le sens de ma vie. Quand j’ai pris conscience que je pouvais perdre ma vie, j’ai compris combien je ne lui avais pas accordé assez d’importance.
Soudainement, j’ai compris qu’il me fallait la saisir et m’octroyer le droit de prendre désormais le temps de m’imbiber de sa chaleur, de l’entendre vivre en moi et de l’apprécier d’une manière intense.
Depuis, on dirait que je la touche…
Oui, la vie me semble devenue palpable…et si pleine.
Prenez soin de vous.
La vie est belle, vous savez… Elle est bien au-dessus de tous les problèmes qui nous rejoignent. Il faut la retrouver… elle est là. Il suffit de la saisir.
Claire Matteau
samedi 24 octobre 2009
Ouf ! Tout semble au beau fixe…
J’en saurai davantage au début de novembre, car j’ai eu à repasser d’autres examens médicaux tels que mammographie, prise de sang… Il y aurait un petit quelque chose au foie peut-être… On verra.
Mais je vais bien…
Je vais bien parce que je ne pense plus à tous les jours à ce foutu de cancer.
Je vais bien parce que je suis très occupée à élaborer toutes sortes de projets.
Je vais bien parce que, dans ma tête, mon cinquième roman commence à prendre forme…
Je vais bien parce que je marche tous les jours et que je me nourris sainement.
Je vais bien parce que je m’éloigne des ondes négatives et des gens négatifs.
Je vais bien parce que je trouve l’automne magnifique. Sa fraîcheur me stimule énormément.
Je vais bien parce que je me sens aimée.
Je vais bien parce que j’aime.
Je vais bien parce que j’ai choisi de me rattacher à la vie.
Passez une bonne journée et prenez soin de vous surtout.
La vie est vraiment belle…
Claire.
dimanche 30 août 2009
Une question d'attitude
Il y a fort longtemps que je suis venue vous jaser…
J’ai déménagé, j’ai emménagé… Je suis heureuse. Très heureuse. Paisible aussi.
Avec l’automne, je crois bien reprendre le collier comme on dit et venir vous rejoindre régulièrement.
Je ne sais trop où j’en suis avec mon cancer, mais je saurai tout sous peu, puisque j’aurai un scan, le 11 septembre prochain. Je m’inquiète certains jours… Je me demande où se développent les métastases qui habitent mon corps… Sur quel organe se logent-elles? Peut-être aussi prennent-elles du repos et me donnent congé de la maladie…
Enfin !
Ce matin, Necia, une personne débordante d’empathie et d’altruisme, m’a envoyé un texte par courriel, à moi et à plusieurs de ses amis. Je l’ai lu et immédiatement, j’ai cru bon de vous l’offrir à mon tour même si certains d’entre vous connaissent ce texte.
Bonne lecture et à très bientôt…
Avec toute ma tendresse,
Claire.
Une question d’attitude
Alain est gérant d’un restaurant. Il est toujours de bonne humeur. Quand on lui demandait comment ça allait, il répondait toujours: « Si ça allait mieux, je serais jumeau! »
Les serveurs de son restaurant quittaient leur emploi pour le suivre quand il changeait de restaurant, afin de rester avec lui d’un restaurant à l’autre.
Pourquoi ? Parce qu’Alain était un motivateur né. Quand ça n’allait pas bien pour un de ses collègues, Alain était toujours là pour lui faire voir le côté positif de la situation.
Son attitude me rendit curieux. Alors, un jour j’allai le voir et lui demandai: "Je ne comprends pas! Personne ne peut être positif tout le temps. Comment fais-tu?"
Alain répondit, « Chaque matin à mon réveil, je me dis, j’ai deux choix aujourd’hui. Je peux choisir d’être de bonne humeur ou de mauvaise humeur. Je choisis toujours d’être de bonne humeur. À chaque fois que quelque chose de mal arrive, je peux choisir d’être victime ou d’apprendre. Je choisis toujours d’apprendre. Quand on vient se plaindre à moi, je peux choisir de me taire ou d’en faire ressortir le côté positif de la vie. Je choisis toujours cette dernière option."
« Mais ce n’est pas toujours si facile, » protestai-je.
« Oui ça l’est, dit Alain. Tout dans la vie est une question de choix. Après avoir enlevée le superflu, chaque situation est un choix. On choisit comment réagir aux situations, comment les gens affectent notre humeur, d’être de bonne humeur ou pas. On choisit comment vivre notre vie.»
Plusieurs années plus tard, j’appris qu’Alain avait accidentellement fait ce qu’on doit absolument éviter dans le monde de la restauration. Il avait laissé la porte arrière de son restaurant ouverte. Et alors, au matin il fut dévalisé par trois hommes armés. Pendant qu’Alain tentait d’ouvrir son coffre-fort, Sa main nerveuse glissa de la manette de combinaison. Les voleurs paniqués firent feu sur lui.
Heureusement Alain fut rapidement trouvé et transporté à l’hôpital.
Après 18 heures de chirurgie et des semaines des soins intensifs, Alain pu quitter l’hôpital avec des fragments de projectiles dans son corps… Je rencontrai Alain environ six mois après l’accident. Quand je lui demandai comment il allait, il me répondit, « Si j’allais mieux, je serais jumeau. Veux-tu voir mes cicatrices? »
Je déclinai son offre mais lui demandai ce qui lui avait passé par la tête lors du cambriolage.
« J’ai d’abord pensé que j’aurais dû barrer la porte arrière. »
« N’avais-tu pas peur? » que je lui demandai.
Il continua : « Les ambulanciers ont été super. Ils ne cessaient pas de me répéter que tout irait bien. Mais quand ils m’ont emmené à l’urgence et que j’ai vu l’expression sur les visages des médecins et des gardes, j’ai paniqué. Dans leurs yeux, je pouvais lire, c’est un homme mort. Il fallait que je passe à l’action. »
Qu’as-tu fait? lui demandai-je.
« Hé bien, il y avait une grosse infirmière qui me criait des questions. Elle me demanda si j’étais allergique à quelque chose. » Je lui répondis: « oui, aux balles de fusils. » Quand ils eurent fini de rire, je leur dis: « J’ai choisi de vivre. S’il vous plait, opérez-moi comme si j’étais vivant et non pas mort.
Alain survécut grâce à la compétence des médecins mais aussi à cause de son étonnante attitude. J’ai appris de lui qu’à chaque jour on a le choix de jouir de la vie ou de la détester. La seule vraie chose qui nous appartienne – que personne ne puisse contrôler ou nous prendre – c’est notre attitude. Alors, en prenant soin de cela, tout dans la vie devient plus facile.
Maintenant il vous reste deux choix:
1. Vous pouvez ignorer et/ou supprimer cette histoire
2. Vous pouvez l’envoyer à quelqu’un qui vous est cher
lundi 20 juillet 2009
Des nouvelles de Claire
Certains ont écrit pour demander des nouvelles de Claire. Ne vous inquiétez pas, elle va bien ! Elle est déménagée au début juin, un petit voyage en Floride ensuite et présentement, elle est dans la décoration de son condo. Puisqu'elle se concentre là-dessus et sur le lancement de son prochain livre, sa concentration est ailleurs, mais je vais lui demander de vous écrire un petit mot.
Bonne journée,
Catherine (sa fille)
mercredi 13 mai 2009
Relais pour la vie 2009
Comme l'an dernier, nous participons au Relais pour la vie dans le but d'amasser des fonds pour la Société Canadienne du Cancer. Cette marche a lieu le 5 juin à Chambly. Notre but est de ramasser plus que l'an passé, donc 1500 $. Nous sommes très proches de notre but, que 315$ et nous l'aurons !
Si vous voulez nous encourager, vous pouvez le faire par internet ici au nom de l'équipe des CHATONS COSMIQUES. Si vous voulez le faire par chèque, veuillez m'écrire à catherinelussier@gmail.com.
Cette année encore, notre liste des participants s'est remplie rapidement. Voici donc les membres:
- Catherine Lussier
- Pierre Touchette
- Marie-Claire Touchette
- Emmanuelle Touchette
- Elise Touchette
- Philippe Georges
- Fernand Matteau
- Louise Roy
- Martine Felton
- Martine Bernier
- Claudette Giard
- Claudine Dugré-Thibodeau
- Valérie Bessette
Merci de bien vouloir nous encourager à continuer cette lutte !
Catherine Lussier
mercredi 22 avril 2009
Bonne nouvelle !
Du bonheur !
Il est content. Je suis contente. Vous serez contents aussi, j’en suis certaine.
Voici les résultats : aucune présence de nodules, aucune masse « étrangère » et tous les tissus environnants sont sains. Wow ! Je suis tellement heureuse…
Dans l’auto, en revenant, j’ai failli pleurer tant j’étais émue… J’ai des chances de vivre un autre
beau six mois ! Yes ! Yes ! Yes !
Demain matin, Pierre et moi partons pour la Floride, une petite semaine…
La vie est belle !
Il faut quand même admettre qu’il n’y a pas toujours que de mauvaises nouvelles dans la vie…
Ce soir, on ouvrira une bonne bouteille de vin que j’ai achetée en revenant chez moi … Faut fêter cette nouvelle rassurante après tout !
Je vous embrasse…
Je vous aime et vous serre fort dans mes bras,
Claire.
samedi 18 avril 2009
Avoir su…
Avoir su !
Oui, avoir su, combien de femmes seraient encore en vie…
Faut absolument transmettre ces informations à toutes les femmes que vous connaissez…
Je vous aime, je ne le vous direz jamais assez !
Voici donc un texte écrit par une jeune femme, Émilie Langlois (1975-2009)
Bonjour chers amis,
Voici un texte que j'ai écrit dans l'espoir d'informer le plus de gens possible au sujet de mon cancer. Lisez-le et si possible, partagez-le avec vos contacts. C'est une façon pour moi de sentir que cette expérience que je vis pourra peut-être servir à sauver des vies. Merci infiniment pour votre aide !
Émilie xxx
Le cancer de l'ovaire
Je vous raconte aujourd'hui mon histoire dans l'espoir d'informer le plus de gens possible au sujet du cancer de l'ovaire pour ainsi peut-être éviter d'autres cas comme le mien. Merci de prendre le temps de lire ce qui suit.
Je m'appelle Émilie. J'ai 33 ans. J'ai un conjoint, Daniel, et ni lui ni moi n'avons d'enfants. Par contre, en février 2007, nous avons commencé nos essais pour avoir un bébé. Après 6 mois d'essais infructueux, je suis allée consulter ma gynécologue à propos de petites pertes de sang que j'avais vers la fin de mon cycle (une semaine avant les menstruations) depuis le mois de novembre 2006. Ces pertes ne duraient habituellement que quelques jours mais je me demandais s'il pouvait y avoir un lien avec ma fertilité. Ma gynécologue m'a dit qu'il n'y avait pas de liens et de ne pas m'inquiéter car ce genre de pertes est normal et fréquent. J'ai consulté une autre gynécologue et la réponse a été la même. (J'ai lu plus tard sur internet que ces saignements pourraient être un des symptômes du cancer de l'ovaire mais cela resterait à confirmer).
Nous avons donc continué nos essais et je suis tombée enceinte à la fin août 2007. Daniel et moi étions vraiment heureux ! Malheureusement, j'ai fait une fausse couche au début du mois de novembre. Trois semaines plus tard, j'avais encore des saignements alors on m'a fait passer une échographie pour vérifier s'il restait des caillots dans mon utérus. Ils n'ont pas vu de caillots mais un petit kyste sur l'ovaire droit et un peu de liquide dans l'abdomen. Le médecin m'a rassurée en me disant que le kyste était tellement petit que c'était probablement mon ovulation plutôt qu'un kyste. Le liquide lui était là, selon lui, à cause de ma grossesse précédente. Je suis donc partie rassurée et confiante que j'aurais bientôt un autre petit bébé dans mon ventre.
Vers la fin de décembre, j'ai commencé à sentir que mon ventre était un peu enflé, comme si j'étais 'ballonnée'. Je me souviens en avoir parlé à ma mère le 25 décembre et nous avons toutes les deux pensé que c'était quelque chose que j'avais mangé. Alors pendant tout le temps des fêtes, j'ai mis ma petite bedaine arrondie sur le dos des interminables bouffes du temps des fêtes et aussi de l'entraînement que j'avais arrêté pendant les vacances.
Janvier arrive. Je recommence à m'entraîner et à mieux manger mais mon ventre continue de grossir. J'ai de la difficulté à me pencher pour attacher mes bottes et j'ai l'air d'être enceinte de 3 ou 4 mois. À la mi-janvier, je décide d'aller consulter. Et c'est le 17 janvier que ma vie et celle de Daniel a basculé lorsqu'on nous a appris que j'avais le cancer de l'ovaire et qu'il était urgent qu'on m'opère. On m'a donc enlevé les ovaires, l'utérus, l'appendice, quelques ganglions et un liquide qu'on appelle 'ascite' qui était responsable de ce gonflement de mon abdomen. J'en suis maintenant à ma deuxième série de chimiothérapie.
Le petit kyste que le médecin a vu sur mon ovaire à la fin novembre était en fait le début du cancer. Et le liquide qui était aussi en place à ce moment, était de l'ascite qui commençait à s'accumuler (le cancer produit l'ascite). En un mois et demi, mes ovaires avaient doublé de grosseur et le cancer était rendu à un stade avancé.
Le cancer de l'ovaire est un cancer 'silencieux' et insidieux et il est souvent diagnostiqué à un stade avancé et dans mon cas, il s'est développé très très rapidement. Les gynécologues ne semblent pas encore 'entraînés' à remarquer les premiers symptômes et c'est pourquoi je tiens à vous transmettre ce que j'ai appris de cette expérience pour que vous puissiez vous-mêmes être attentifs aux premiers symptômes et avoir quelques trucs pour prévenir le développement du cancer. Le cancer des ovaires est difficile à guérir lorsqu'il est rendu à un stade avancé. Il se transforme en maladie chronique c'est-à-dire qu'on réussit à le contrôler pendant quelque temps, puis il revient. D'autres traitements de chimio sont alors nécessaires. Lorsqu'il est diagnostiqué tôt, les chances de guérison sont beaucoup plus élevées. Ne vous sentez pas à l'abri si vous êtes jeune. On voit aussi le cancer de l'ovaire dans la jeune vingtaine.
Voici ce que je vous recommande :
- Lors de votre examen annuel gynécologique, demandez à avoir une prise de sang pour que l'on vérifie vos marqueurs CA-125. Votre gynécologue vous dira probablement que ce n'est pas nécessaire alors INSISTEZ ! Il vous dira que vous n'avez aucune prédisposition pour ce cancer mais INSISTEZ ! Je n'avais aucune prédisposition pour ce cancer (un cancer peu fréquent, un cancer très rare à mon âge, je n'ai aucun cancer de l'ovaire ou même cancer du sein dans ma famille, j'ai toujours eu une bonne alimentation et j'ai toujours fait de l'exercice régulièrement, je n'ai pas pris d'hormone pour tomber enceinte.)
(Les CA-125 sont des marqueurs présents dans le sang et qui indiquent la présence du cancer de l'ovaire. Lorsque vous n'avez pas le cancer ce marqueur se situe autour de 20.)
Si on vous dit que vous avez un kyste sur l'ovaire (premièrement, ne paniquez pas !) demandez aussi à avoir une prise de sang pour qu'on vérifie vos CA-125. On vous dira que les kystes ovariens sont très fréquents et qu'il ne faut pas s'inquiéter mais INSISTEZ ! Si ça ne fonctionne pas, demandez au moins à avoir une autre échographie deux semaines plus tard pour voir si le kyste a pris de l'ampleur et demandez encore une analyse de votre CA-125.
- Si vous avez des saignements entre vos règles, allez consulter et demandez une prise de sang pour vérifier vos CA-125 (attention ! Je ne parle pas ici de saignements dus à l'ovulation mais bien de saignements plus vers la fin du cycle que l'on nomme souvent 'spotting' dans le jargon médical.).
- Si vous sentez que votre abdomen se met à gonfler sans raison n'attendez surtout pas que votre ventre soit devenu énorme pour aller consulter. Dès les premiers signes, demandez rapidement une prise de sang pour vérifier vos CA-125. N'oubliez pas qu'une fois le cancer installé, il peut se développer à une vitesse fulgurante !
S'il-vous-plaît, passez ce message à tous vos contacts et demandez-leur, eux aussi, de le passer à tous leurs contacts. Si j'avais eu ce message en novembre 2007, j'aurais demandé à ce que l'on vérifie mes CA-125. On aurait découvert mon cancer, on m'aurait probablement fait l'ablation d'un seul ovaire, je n'aurais pas eu de chimiothérapie et j'aurais encore eu la possibilité d'avoir des enfants. Comprenez-vous l'importance de passer ce message ? Ne le passez pas seulement aux femmes ! Les hommes aussi doivent être au courant car eux aussi peuvent être à l'affût des premiers symptômes et informer leur conjointe, leur sœur, leur mère...
Émilie Langlois.
Malheureusement, voici ce que nous pouvions lire dans le journal, il y a quelques semaines :
À l’Hôpital Hôtel-Dieu de Québec, le 12 février 2009, à l’âge de 34 ans, est décédée Émilie Langlois, conjointe de Daniel Beaulieu, fille de monsieur Jean Langlois et de dame Claudette Lépine. Elle demeurait à Québec.
La famille recevra les condoléances, en présence des cendres, le mardi 17 février 2009 de 19 h à 22 h au :
Centre funéraire du Plateau
693, av. Nérée-Tremblay, Québec