samedi 23 août 2008

Quelle détermination !

Nicole, une amie, m’a envoyé ce qui suit. Je la remercie du plus profond de mon cœur.…
Encore une fois, j’ai pu constater combien l’humain est grand ! Un géant ! Il suffit parfois de le vouloir…
Claire.

Un fils demande à son père « Papa, est-ce que tu participerais à un marathon avec moi ?»
Et le père, malgré un problème cardiaque, répond « Oui ».
Et ils ont complété un marathon ensemble… Père et fils ont participé à plusieurs autres marathons, le père acceptant toujours la demande de son fils de faire une autre course ensemble.
Un jour, le fils dit à son père « Papa, participons à un Ironman ensemble ».
Et le père répond encore oui à son fils.
Pour ceux qui ne le savent pas, un Ironman est l’épreuve de triathlon la plus difficile au monde. Cette course comprend trois épreuves d’endurance, soit une épreuve de natation en mer de 2.4 milles (3.86 kilomètres), suivie d’une course à bicyclette de 112 milles (180.2 kilomètres) et, finalement, d’une course à pied de 26.23 milles (42.195 kilomètres) le long de la côte de Big Island.
Le père et le fils ont complété cette course ensemble.

Maintenant cliquez sur ce lien :

CAN

Bon visionnement et surtout n’ayez pas honte d’avoir la larme à l’œil.

mardi 19 août 2008

Encore un peu de vacances...

Depuis quelques semaines, je reprends figure humaine. Dans mon miroir, je remarque que mes traits se redessinent de jour en jour… Mes cheveux, mes sourcils et mes cils réapparaissent peu à peu, me redonnant un regard tellement plus vivant. Je suis heureuse de me redécouvrir, de me reconnaître. Enfin ! C’est vraiment moi que je vois…

C’est incroyable ce que ces changements opèrent sur moi. On dirait que j’oublie mon cancer et ses métastases… On dirait que je relègue derrière moi toutes mes craintes de l’hiver dernier. Que je rebondis…et que je m’éclate devant la vie.

Ces temps-ci, je me croirais en vacances… en vacances de la maladie ! Je me sens tellement bien même si je n’ai pas encore récupérer totalement toute mon énergie d’antan. Je fatigue plus vite… mais je suis bien. Par moment, j’ai l’impression que le cancer m’a quittée… Quelle tentation que de croire à cette illusion si rassurante. Je m’y laisse prendre certains jours… J’imagine même un miracle… Heureusement, ma lucidité me ramène à la réalité.

Puis… puis… c’est là que je ressens une sorte de grande peine intérieure. Je ne sais trop comment la surnommer… Tristesse ? Non… Souffrance ? Non… Désolation ? Peut-être… avec un brin de regret et une parcelle de crainte…

Avant mon cancer, je croyais fermement pouvoir profiter de la vie pendant de nombreuses années. J’en étais convaincue… Je tenais pour acquis l’avenir. Je faisais des plans, j’imaginais mes petits-enfants à venir, des fêtes familiales pour encore bien des années…
La maladie est venue modifier mes rêves et fragiliser mes certitudes…

Je trouve difficile maintenant de freiner mes élans de projets. Intérieurement, je sais que mes années sont comptées. Que la rémission n’est pas pour moi… Je trouve épuisant mentalement, de toujours tout ramener au présent…. C’est tellement reposant de pouvoir reporter dans l’avenir… surtout quand l’angoisse du compte à rebours surgit.

Je sais que nous aurons tous à faire face à la mort… On peut mourir très vieux, ou mourir demain dans un accident. La vie n’est pas prisonnière de notre corps. Elle est libre. Elle peut nous échapper sur un claquement de doigt… On ne peut la retenir… Pourtant, j’aimerais bien l’attacher, la fixer pour m’y cramponner encore longtemps. Oui longtemps…

Claire.
P.S. Je sais, je sais… je n’écris pas souvent. Disons que je prends une pause… Ma sérénité aime bien ne pas devoir parler du cancer régulièrement contrairement à mes pensées qui s’entrecroisent sur les pourquoi du cancer.
Tourlou.

mercredi 13 août 2008

des nouvelles de maman

Bonjour à tous,

Je sais, cela fait presque deux semaines que vous n'avez pas de nouvelles de Claire. Dites-vous qu'elle va très bien, elle est très occupée ! Elle peinture la nouvelle galerie, nettoie les pièces du sous-sol, écrit et révise ses romans, flatte les minous, regarde ses cheveux et ses sourcils repousser, s'occupe des fleurs, etc. Présentement, elle est quelque part dans les Bois-Francs pour des mini vacances avec Pierre.

Au début du mois, elle s'est fait enlever son double "JJ". Ce fut très rapide et elle a senti tout de suite un soulagement. Nous n'avons pas encore de nouvelles de son scan, mais je crois qu'elle en aura lors de sa visite avec son médecin.

Puisque tout semble bien aller, Claire et Pierre se planifie aussi des petits voyages pour l'automne, le printemps.

Donc, puisque certains m'ont écrit pour me demander ce qui se passait, je voulais vous mettre au courant ! Nous sommes tous très heureux de la voir optimiste et presque de retour à la normale, mais avec des cheveux courts !

Bonne fin d'été,

Catherine

jeudi 31 juillet 2008

Faudrait que je me change les idées un peu…

Il y a fort longtemps que j’ai écrit sur le blogue : 18 jours ! Durant ce temps, j’en ai profité pour ne pas trop penser au cancer. C’est difficile… Je crois qu’il ne s’est pas déroulé un jour sans que tournoie dans ma tête ce petit mot… Sans doute, fera-t-il toujours partie de chacune de mes journées.

Dans un mois ce sera possible, j’imagine. Mes cheveux recouvriront ma tête. Je n’aurai plus l’allure d’un petit poussin blanc ! Puis mes sourcils me donneront une apparence un peu plus humaine et féminine. Dans mon miroir, j’ai remarqué depuis quelques jours, une petite repousse… Puis, enfin mes cils viendront habiller mes yeux… Me donner un regard beaucoup moins étranger, loin du genre planète Mars ! C’est fou ce que ça nous change.
Peut-être que mes ongles redeviendront comme auparavant, moins striés, et moins cassants…
Une fois que mon visage aura retrouvé ses attributs, j’aurai l’air moins cancéreux ! J’aurai une allure plus normale. Je pourrai me convaincre pas mal plus aisément que ma vie reprend ses droits, sa force et tous ses espoirs.

Oui, comme ce sera doux de passer quelque temps sans avoir à côtoyer dans le fond de mes pensées ce mot qui éveille ma peur, me donne presque le vertige, quelquefois.

Depuis janvier, j’ai fait face à ma finitude beaucoup trop fréquemment, je trouve ! Ça me stresse toujours quelque peu. Heureusement que je m’oblige à profiter beaucoup plus de la vie, dans ce qu’elle a de plus heureux, dans tous ses petits bonheurs qui ne demandent qu’à exister.
Demain, au cours de l’après-midi, j’aurai une cystoscopie. Une petite caméra se promènera dans mon tube urinaire… Si tout est beau, on devrait m’enlever le maudit fil de métal « JJ » qui m’achale depuis le 5 mai dernier ! Oui, il m’achale ! Puis pas juste un peu ! Il est inconfortable ! Il ne se passe pas une journée sans que j’aie du sang dans mes urines… Il m’achale, vous l’avais-je dit ? J’espère que demain tout se déroulera normalement et que je n’aurai pas trop mal.

Je n’aime pas avoir mal…

Je vous embrasse tous et toutes.

Je vous envoie plein de tendresse.

Vous êtes ma force, le saviez-vous ?

Je vous aime,

Claire.

dimanche 13 juillet 2008

La vie est belle…

En attendant la guérilla ? Non, je ne l’attends plus… Je refuse de vivre ainsi. Ça tue à petits feux… J’ai trop envie de vivre pour demeurer ainsi dans l’expectative d’une attaque. Je sais qu’elle reviendra cette lutte, mais d’ici son retour, je préfère et choisis de survivre. Croire en une deuxième chance… Reprendre la vie où je l’avais laissée à la fin janvier et la poursuivre tout en rejetant dorénavant ce que je me sais néfaste. Repenser mes attitudes, mes réactions. Redessiner mes visions de la vie et de l’avenir, aussi court soit-il. Consolider mes forces et me faire une armure contre mes craintes bien légitimes mais trop alarmantes pour ma quiétude d’esprit. Croire en la vie mais surtout, surtout laisser la joie m’habiter. Pleinement. La JOIE. La vraie. L’unique. Celle qui nous donne des envies d’envolées…

Je ressens cette joie depuis quelques jours. Elle est là en moi, me rassurant même. C’est avec elle que je veux poursuivre le chemin qu’il me reste. Je sais que la mort est à mes côtés, mais désormais devant moi, je vois la lumière. Je ne veux d’ailleurs que m’accrocher à cette lumière et non au spectre de la mort. La Vie m’offre de continuer malgré certaines embûches… J’accepte avec joie ce cadeau. La Vie m’interpelle, on dirait. Je veux la croquer à pleine dents…Je suis bien… Vraiment bien… Je suis comblée…

Dans quelques jours, il y aura six mois que j’ai appris que j’avais le cancer… Six mois qui m’ont bousculée durement… Mais maintenant que j’ai passé au travers de cette première étape de la maladie, il me semble que la vie n’a jamais été aussi belle… Oui, c’est beau la vie, chantait Jean Ferrat… Oui c’est splendide. Magique ! Je n’avais jamais pris le temps de l’apprécier autant auparavant… J’apprends maintenant.

Je vous aime tous et tous… et bonnes vacances à tous ceux qui entrent dans cette période de repos bien mérité.
Je vais me reposer un peu moi aussi…
Merci de m’avoir soutenue tout au long de ces six mois d’enfer… Avec autant d’amour…
Si je suis si bien aujourd’hui, c’est que je me suis abreuvée de votre énergie. Merci de vos pensées, de vos visualisations, de votre amitié et de votre affection...
Je me sens tellement énergisée… C’est merveilleux !

Claire.

jeudi 3 juillet 2008

En attendant la guérilla…

Aujourd’hui, je vis ma dernière journée sous les effets de la chimiothérapie. Je me croise les doigts pour que la prochaine fois ne se présente qu’aux confins de ma vie. C’est difficile la chimio… C’est dur pour le corps. Coriace et même intransigeant. Je me sens affaiblie quoique bien vivante. Malheureusement, encore une fois, je serai sous les antibiotiques car je développe une autre infection urinaire. Décidément, j’ai hâte qu’on m’enlève dans environ deux semaines ce fameux JJ dans le ventre qui, je ne sais pourquoi, s’infecte au contact de la chimio… C’est douloureux, déplaisant et restreignant. Toutefois, je prends ce mal en patience car je sais que, très rapidement, cette infection deviendra sous contrôle et que la Vie me tendra les bras pleinement.

Au cours des prochaines semaines, je veux reprendre en main mon alimentation, maintenant qu’aucune chimio ne viendra m’affaiblir. J’ai besoin de protéines et de tonnes et de tonnes de légumes et de fruits… Malgré tous mes efforts pour bien m’alimenter au cours des derniers mois, le combat à mener a pris toute mon énergie et ma formule sanguine n’est pas demeurée celle d’une grande guerrière. À l’attaque donc pour les prochaines semaines ! Je vais non seulement me remonter le moral mais me réapproprier ma santé, mon métabolisme et ma vivacité.
Lundi matin prochain, le 7 juillet, j’aurai un scan. Dieu seul sait combien j’ai hâte d’avoir les résultats. De savoir dans quel état je me retrouve maintenant après six chimiothérapies. Combien de métastases ces traitements ont-ils réussi à enrayer, à détruire, à dissoudre, à réduire en poudre… ?

C’est étrange, maintenant que cette première étape est franchie, celle de la chimiothérapie, une certaine angoisse m’habite. Faut dire que durant cette première période, je me sentais vraiment protégée par ces traitements. Rien de cancéreux ne pouvait se développer étant détruit presque aussitôt… La deuxième étape, celle de vivre avec des métastases, m’effraie au fin fond de moi. Un peu le jour… Beaucoup la nuit ! Je sais que l’épée de Damoclès s’installe pour toujours au-dessus de ma tête. Quand frappera-t-elle ? Me poignardera-t-elle dans le dos, sans avertissement… ?

Je sais que dorénavant, et d’ici la fin de ma vie, je serai sous contrôle médical et sous observation constante. Mais la peur m’assaille malgré tout. Je ne me sens pas totalement à l’aise. J’ai comme l’impression de perdre la maîtrise de ma vie. Durant l’étape chimio, il me semblait contrôler davantage et même amplement la situation. Je bombardais. Violemment. Régulièrement. Ce qui n’est plus le cas présentement… Cette prochaine étape a des allures de salle d’attente… La frappe viendra… Quand ? Personne ne le sait. C’est la guérilla… Sournoise. Maligne. Vicieuse.
Je suppose que je vais apprivoiser cette nouvelle vision de ma vie. J’en viendrai sûrement à ne pas en faire l’objet constant de mes pensées comme c’est le cas aujourd’hui… Cette approche de la vie est nouvelle. Je suis fébrile. Très fébrile.

Dans quelque temps, en reprenant enfin le cours de ma vie, j’oublierai sporadiquement d’abord et de plus en plus par la suite la présence de cette terrible menace au-dessus de ma tête.
Il ne faut pas que je navigue sur les petites vagues de la crainte et du doute qui me tiraille. Non ! Faut que je m’entête à m’accrocher à ma vie et la retenir le plus fortement, avec entêtement, entre mes bras.

Oui ! Il faut vraiment que je combatte cette inquiétude, pour ne pas dire cette épouvante, qui m’envahie quelque peu ces derniers jours. J’ai tant à faire. J’ai tant à vivre… Je dois demeurer tenace et m’obstiner coûte que coûte contre mes appréhensions. La Vie m’attend… Je sais qu’elle me sera belle et bénéfique encore longtemps. Dieu qu’on est petit et dépourvu quand la menace et l’inconnu frappe à notre porte…

Je vous aime tous et toutes. Prenez soin de vous. Promettez-moi de ne pas négliger votre santé…
Claire

dimanche 29 juin 2008

Je termine une première étape…

Vendredi, je me suis présentée à l’hôpital pour recevoir mon sixième traitement de chimiothérapie. Ce sera le sixième et le dernier, au cœur de cette étape d’attaque radicale entreprise depuis la fin janvier dernier. Je refuse de poursuivre avec un septième et un huitième traitement. En effet, vendredi, mon oncologue n’avait plus de certitude quant aux effets bienfaisants que pourraient apporter deux traitements supplémentaires. Contrairement à ce qu’elle m’avait dit, aucune recherche ne prouve que huit traitements au lieu de six puissent réellement repousser la récidive. Aussi, ce qui est plus aggravant, la recherche démontre que le danger de neuropathie augmente considérablement… Devant un tel constat, il est bien évident que je refuse les deux prochains traitements. De plus, je me sens fatiguée. Mon corps a besoin de repos. Je veux lui redonner des forces. Dans quelques semaines, j’entamerai la deuxième étape soit, la haute surveillance du développement des métastases… mes ennemies ! Dans quelques semaines, mes cheveux repousseront…. Je n’aurai plus des airs de martienne à Noël, je crois !
Je n’écrirai pas plus aujourd’hui car les effets de ma chimio de vendredi me bousculent allégrement le cerveau…. Je cherche mes mots… mes idées s’entremêlent et me mêlent !
Je vous embrasse.
Claire.