Il y a fort longtemps que j’ai écrit sur le blogue : 18 jours ! Durant ce temps, j’en ai profité pour ne pas trop penser au cancer. C’est difficile… Je crois qu’il ne s’est pas déroulé un jour sans que tournoie dans ma tête ce petit mot… Sans doute, fera-t-il toujours partie de chacune de mes journées.
Dans un mois ce sera possible, j’imagine. Mes cheveux recouvriront ma tête. Je n’aurai plus l’allure d’un petit poussin blanc ! Puis mes sourcils me donneront une apparence un peu plus humaine et féminine. Dans mon miroir, j’ai remarqué depuis quelques jours, une petite repousse… Puis, enfin mes cils viendront habiller mes yeux… Me donner un regard beaucoup moins étranger, loin du genre planète Mars ! C’est fou ce que ça nous change.
Peut-être que mes ongles redeviendront comme auparavant, moins striés, et moins cassants…
Une fois que mon visage aura retrouvé ses attributs, j’aurai l’air moins cancéreux ! J’aurai une allure plus normale. Je pourrai me convaincre pas mal plus aisément que ma vie reprend ses droits, sa force et tous ses espoirs.
Oui, comme ce sera doux de passer quelque temps sans avoir à côtoyer dans le fond de mes pensées ce mot qui éveille ma peur, me donne presque le vertige, quelquefois.
Depuis janvier, j’ai fait face à ma finitude beaucoup trop fréquemment, je trouve ! Ça me stresse toujours quelque peu. Heureusement que je m’oblige à profiter beaucoup plus de la vie, dans ce qu’elle a de plus heureux, dans tous ses petits bonheurs qui ne demandent qu’à exister.
Demain, au cours de l’après-midi, j’aurai une cystoscopie. Une petite caméra se promènera dans mon tube urinaire… Si tout est beau, on devrait m’enlever le maudit fil de métal « JJ » qui m’achale depuis le 5 mai dernier ! Oui, il m’achale ! Puis pas juste un peu ! Il est inconfortable ! Il ne se passe pas une journée sans que j’aie du sang dans mes urines… Il m’achale, vous l’avais-je dit ? J’espère que demain tout se déroulera normalement et que je n’aurai pas trop mal.
Je n’aime pas avoir mal…
Je vous embrasse tous et toutes.
Je vous envoie plein de tendresse.
Vous êtes ma force, le saviez-vous ?
Je vous aime,
Claire.
Ceci est un blog pour informer les proches de maman de son état de santé durant cette lutte qu'elle s'apprête à vivre.
jeudi 31 juillet 2008
dimanche 13 juillet 2008
La vie est belle…
En attendant la guérilla ? Non, je ne l’attends plus… Je refuse de vivre ainsi. Ça tue à petits feux… J’ai trop envie de vivre pour demeurer ainsi dans l’expectative d’une attaque. Je sais qu’elle reviendra cette lutte, mais d’ici son retour, je préfère et choisis de survivre. Croire en une deuxième chance… Reprendre la vie où je l’avais laissée à la fin janvier et la poursuivre tout en rejetant dorénavant ce que je me sais néfaste. Repenser mes attitudes, mes réactions. Redessiner mes visions de la vie et de l’avenir, aussi court soit-il. Consolider mes forces et me faire une armure contre mes craintes bien légitimes mais trop alarmantes pour ma quiétude d’esprit. Croire en la vie mais surtout, surtout laisser la joie m’habiter. Pleinement. La JOIE. La vraie. L’unique. Celle qui nous donne des envies d’envolées…
Je ressens cette joie depuis quelques jours. Elle est là en moi, me rassurant même. C’est avec elle que je veux poursuivre le chemin qu’il me reste. Je sais que la mort est à mes côtés, mais désormais devant moi, je vois la lumière. Je ne veux d’ailleurs que m’accrocher à cette lumière et non au spectre de la mort. La Vie m’offre de continuer malgré certaines embûches… J’accepte avec joie ce cadeau. La Vie m’interpelle, on dirait. Je veux la croquer à pleine dents…Je suis bien… Vraiment bien… Je suis comblée…
Dans quelques jours, il y aura six mois que j’ai appris que j’avais le cancer… Six mois qui m’ont bousculée durement… Mais maintenant que j’ai passé au travers de cette première étape de la maladie, il me semble que la vie n’a jamais été aussi belle… Oui, c’est beau la vie, chantait Jean Ferrat… Oui c’est splendide. Magique ! Je n’avais jamais pris le temps de l’apprécier autant auparavant… J’apprends maintenant.
Je vous aime tous et tous… et bonnes vacances à tous ceux qui entrent dans cette période de repos bien mérité.
Je vais me reposer un peu moi aussi…
Merci de m’avoir soutenue tout au long de ces six mois d’enfer… Avec autant d’amour…
Si je suis si bien aujourd’hui, c’est que je me suis abreuvée de votre énergie. Merci de vos pensées, de vos visualisations, de votre amitié et de votre affection...
Je me sens tellement énergisée… C’est merveilleux !
Claire.
Je ressens cette joie depuis quelques jours. Elle est là en moi, me rassurant même. C’est avec elle que je veux poursuivre le chemin qu’il me reste. Je sais que la mort est à mes côtés, mais désormais devant moi, je vois la lumière. Je ne veux d’ailleurs que m’accrocher à cette lumière et non au spectre de la mort. La Vie m’offre de continuer malgré certaines embûches… J’accepte avec joie ce cadeau. La Vie m’interpelle, on dirait. Je veux la croquer à pleine dents…Je suis bien… Vraiment bien… Je suis comblée…
Dans quelques jours, il y aura six mois que j’ai appris que j’avais le cancer… Six mois qui m’ont bousculée durement… Mais maintenant que j’ai passé au travers de cette première étape de la maladie, il me semble que la vie n’a jamais été aussi belle… Oui, c’est beau la vie, chantait Jean Ferrat… Oui c’est splendide. Magique ! Je n’avais jamais pris le temps de l’apprécier autant auparavant… J’apprends maintenant.
Je vous aime tous et tous… et bonnes vacances à tous ceux qui entrent dans cette période de repos bien mérité.
Je vais me reposer un peu moi aussi…
Merci de m’avoir soutenue tout au long de ces six mois d’enfer… Avec autant d’amour…
Si je suis si bien aujourd’hui, c’est que je me suis abreuvée de votre énergie. Merci de vos pensées, de vos visualisations, de votre amitié et de votre affection...
Je me sens tellement énergisée… C’est merveilleux !
Claire.
jeudi 3 juillet 2008
En attendant la guérilla…
Aujourd’hui, je vis ma dernière journée sous les effets de la chimiothérapie. Je me croise les doigts pour que la prochaine fois ne se présente qu’aux confins de ma vie. C’est difficile la chimio… C’est dur pour le corps. Coriace et même intransigeant. Je me sens affaiblie quoique bien vivante. Malheureusement, encore une fois, je serai sous les antibiotiques car je développe une autre infection urinaire. Décidément, j’ai hâte qu’on m’enlève dans environ deux semaines ce fameux JJ dans le ventre qui, je ne sais pourquoi, s’infecte au contact de la chimio… C’est douloureux, déplaisant et restreignant. Toutefois, je prends ce mal en patience car je sais que, très rapidement, cette infection deviendra sous contrôle et que la Vie me tendra les bras pleinement.
Au cours des prochaines semaines, je veux reprendre en main mon alimentation, maintenant qu’aucune chimio ne viendra m’affaiblir. J’ai besoin de protéines et de tonnes et de tonnes de légumes et de fruits… Malgré tous mes efforts pour bien m’alimenter au cours des derniers mois, le combat à mener a pris toute mon énergie et ma formule sanguine n’est pas demeurée celle d’une grande guerrière. À l’attaque donc pour les prochaines semaines ! Je vais non seulement me remonter le moral mais me réapproprier ma santé, mon métabolisme et ma vivacité.
Lundi matin prochain, le 7 juillet, j’aurai un scan. Dieu seul sait combien j’ai hâte d’avoir les résultats. De savoir dans quel état je me retrouve maintenant après six chimiothérapies. Combien de métastases ces traitements ont-ils réussi à enrayer, à détruire, à dissoudre, à réduire en poudre… ?
C’est étrange, maintenant que cette première étape est franchie, celle de la chimiothérapie, une certaine angoisse m’habite. Faut dire que durant cette première période, je me sentais vraiment protégée par ces traitements. Rien de cancéreux ne pouvait se développer étant détruit presque aussitôt… La deuxième étape, celle de vivre avec des métastases, m’effraie au fin fond de moi. Un peu le jour… Beaucoup la nuit ! Je sais que l’épée de Damoclès s’installe pour toujours au-dessus de ma tête. Quand frappera-t-elle ? Me poignardera-t-elle dans le dos, sans avertissement… ?
Je sais que dorénavant, et d’ici la fin de ma vie, je serai sous contrôle médical et sous observation constante. Mais la peur m’assaille malgré tout. Je ne me sens pas totalement à l’aise. J’ai comme l’impression de perdre la maîtrise de ma vie. Durant l’étape chimio, il me semblait contrôler davantage et même amplement la situation. Je bombardais. Violemment. Régulièrement. Ce qui n’est plus le cas présentement… Cette prochaine étape a des allures de salle d’attente… La frappe viendra… Quand ? Personne ne le sait. C’est la guérilla… Sournoise. Maligne. Vicieuse.
Je suppose que je vais apprivoiser cette nouvelle vision de ma vie. J’en viendrai sûrement à ne pas en faire l’objet constant de mes pensées comme c’est le cas aujourd’hui… Cette approche de la vie est nouvelle. Je suis fébrile. Très fébrile.
Dans quelque temps, en reprenant enfin le cours de ma vie, j’oublierai sporadiquement d’abord et de plus en plus par la suite la présence de cette terrible menace au-dessus de ma tête.
Il ne faut pas que je navigue sur les petites vagues de la crainte et du doute qui me tiraille. Non ! Faut que je m’entête à m’accrocher à ma vie et la retenir le plus fortement, avec entêtement, entre mes bras.
Oui ! Il faut vraiment que je combatte cette inquiétude, pour ne pas dire cette épouvante, qui m’envahie quelque peu ces derniers jours. J’ai tant à faire. J’ai tant à vivre… Je dois demeurer tenace et m’obstiner coûte que coûte contre mes appréhensions. La Vie m’attend… Je sais qu’elle me sera belle et bénéfique encore longtemps. Dieu qu’on est petit et dépourvu quand la menace et l’inconnu frappe à notre porte…
Je vous aime tous et toutes. Prenez soin de vous. Promettez-moi de ne pas négliger votre santé…
Claire
Au cours des prochaines semaines, je veux reprendre en main mon alimentation, maintenant qu’aucune chimio ne viendra m’affaiblir. J’ai besoin de protéines et de tonnes et de tonnes de légumes et de fruits… Malgré tous mes efforts pour bien m’alimenter au cours des derniers mois, le combat à mener a pris toute mon énergie et ma formule sanguine n’est pas demeurée celle d’une grande guerrière. À l’attaque donc pour les prochaines semaines ! Je vais non seulement me remonter le moral mais me réapproprier ma santé, mon métabolisme et ma vivacité.
Lundi matin prochain, le 7 juillet, j’aurai un scan. Dieu seul sait combien j’ai hâte d’avoir les résultats. De savoir dans quel état je me retrouve maintenant après six chimiothérapies. Combien de métastases ces traitements ont-ils réussi à enrayer, à détruire, à dissoudre, à réduire en poudre… ?
C’est étrange, maintenant que cette première étape est franchie, celle de la chimiothérapie, une certaine angoisse m’habite. Faut dire que durant cette première période, je me sentais vraiment protégée par ces traitements. Rien de cancéreux ne pouvait se développer étant détruit presque aussitôt… La deuxième étape, celle de vivre avec des métastases, m’effraie au fin fond de moi. Un peu le jour… Beaucoup la nuit ! Je sais que l’épée de Damoclès s’installe pour toujours au-dessus de ma tête. Quand frappera-t-elle ? Me poignardera-t-elle dans le dos, sans avertissement… ?
Je sais que dorénavant, et d’ici la fin de ma vie, je serai sous contrôle médical et sous observation constante. Mais la peur m’assaille malgré tout. Je ne me sens pas totalement à l’aise. J’ai comme l’impression de perdre la maîtrise de ma vie. Durant l’étape chimio, il me semblait contrôler davantage et même amplement la situation. Je bombardais. Violemment. Régulièrement. Ce qui n’est plus le cas présentement… Cette prochaine étape a des allures de salle d’attente… La frappe viendra… Quand ? Personne ne le sait. C’est la guérilla… Sournoise. Maligne. Vicieuse.
Je suppose que je vais apprivoiser cette nouvelle vision de ma vie. J’en viendrai sûrement à ne pas en faire l’objet constant de mes pensées comme c’est le cas aujourd’hui… Cette approche de la vie est nouvelle. Je suis fébrile. Très fébrile.
Dans quelque temps, en reprenant enfin le cours de ma vie, j’oublierai sporadiquement d’abord et de plus en plus par la suite la présence de cette terrible menace au-dessus de ma tête.
Il ne faut pas que je navigue sur les petites vagues de la crainte et du doute qui me tiraille. Non ! Faut que je m’entête à m’accrocher à ma vie et la retenir le plus fortement, avec entêtement, entre mes bras.
Oui ! Il faut vraiment que je combatte cette inquiétude, pour ne pas dire cette épouvante, qui m’envahie quelque peu ces derniers jours. J’ai tant à faire. J’ai tant à vivre… Je dois demeurer tenace et m’obstiner coûte que coûte contre mes appréhensions. La Vie m’attend… Je sais qu’elle me sera belle et bénéfique encore longtemps. Dieu qu’on est petit et dépourvu quand la menace et l’inconnu frappe à notre porte…
Je vous aime tous et toutes. Prenez soin de vous. Promettez-moi de ne pas négliger votre santé…
Claire
dimanche 29 juin 2008
Je termine une première étape…
Vendredi, je me suis présentée à l’hôpital pour recevoir mon sixième traitement de chimiothérapie. Ce sera le sixième et le dernier, au cœur de cette étape d’attaque radicale entreprise depuis la fin janvier dernier. Je refuse de poursuivre avec un septième et un huitième traitement. En effet, vendredi, mon oncologue n’avait plus de certitude quant aux effets bienfaisants que pourraient apporter deux traitements supplémentaires. Contrairement à ce qu’elle m’avait dit, aucune recherche ne prouve que huit traitements au lieu de six puissent réellement repousser la récidive. Aussi, ce qui est plus aggravant, la recherche démontre que le danger de neuropathie augmente considérablement… Devant un tel constat, il est bien évident que je refuse les deux prochains traitements. De plus, je me sens fatiguée. Mon corps a besoin de repos. Je veux lui redonner des forces. Dans quelques semaines, j’entamerai la deuxième étape soit, la haute surveillance du développement des métastases… mes ennemies ! Dans quelques semaines, mes cheveux repousseront…. Je n’aurai plus des airs de martienne à Noël, je crois !
Je n’écrirai pas plus aujourd’hui car les effets de ma chimio de vendredi me bousculent allégrement le cerveau…. Je cherche mes mots… mes idées s’entremêlent et me mêlent !
Je vous embrasse.
Claire.
Je n’écrirai pas plus aujourd’hui car les effets de ma chimio de vendredi me bousculent allégrement le cerveau…. Je cherche mes mots… mes idées s’entremêlent et me mêlent !
Je vous embrasse.
Claire.
vendredi 20 juin 2008
De l’espérance dans l’air…
Hier je me suis rendue à l’hôpital Charles Lemoyne pour mon sixième traitement de chimiothérapie. Malheureusement, je n’ai pu le recevoir vu que j’étais encore sous les antibiotiques prescrits depuis le week-end dernier, lors de mon entrée à l’urgence pour mon infection urinaire. Ce sixième traitement est donc remis à vendredi prochain, le 27 juin.
Comme je rencontrais mon oncologue, le docteur Prady, j’en ai profité pour jaser un brin. J’aime cette femme. Je crois en elle… Elle a toute ma confiance. Lors de notre entretien, elle m’a offert une alternative : prolonger mes traitements de chimio. Au lieu de six traitements, elle m’en propose huit. Cette offre est alléchante… mais elle est aussi à risque. Comme je réagis très bien à ce traitement, deux traitements de plus pourraient reculer et de beaucoup toute récidive… On parle d’années ! Toutefois, le Taxol provoquera peut-être une certaine neuropathie… Je pourrais avoir des séquelles permanentes dans les extrémités : mes doigts et mes pieds. Je pourrais me retrouver en fauteuil roulant. Mais, mais….mais…. J’ai commencé à avoir certains fourmillements dans le pied droit qu’au cinquième traitement… J’ai donc de fortes chances de ne pas développer une neuropathie sévère… Je dois réfléchir aux conséquences… Mon oncologue aussi analysera les conséquences. Elle rencontrera un spécialiste cette semaine et lui parlera de mon cas. Vendredi prochain, on se donnera l’heure juste…en même temps que nos réponses. Évidemment, l’éventualité de repousser la récidive est vraiment une perspective qui me plaît, m’enchante, m’excite ! Beaucoup….! Je ne sais trop encore quoi décider… Je réfléchis…. Que feriez-vous à ma place ?
Elle m’a aussi expliqué ce que serait le suivi, une fois mon protocole de chimio terminé. Non, contrairement à ce qu’on aurait cru, je ne suivrai pas de radiothérapie. Ouf ! Je suis contente… Vu que je n’ai pas de cancer du col de l’utérus, mais plutôt un cancer des ovaires, ce traitement de radiothérapie n’est plus adéquat… Si vous saviez combien j’exulte ! Je n’avais pas vraiment le goût de suivre cette cure. Surtout que j’avais rencontré lundi dernier, la médecin oncologue de l’hôpital Notre-Dame… Elle et moi, on n’aurait pas fait une bonne équipe. Je ne voulais pas d’elle comme compagne de route… Vraiment pas. J’ai vécu une bien mauvaise expérience lundi matin dernier lorsque je l’ai rencontrée. Pierre qui était avec moi, n’en revient pas encore de son attitude… Je vous passe les détails. Il y a des gens qui n’ont pas d’empathie et qui voit les patients comme des cas, des cobayes… Moi, je ne suis pas ça. J’ai peut-être le cancer, mais je suis encore une personne à part entière, avec encore un bout de dignité qui ne demande qu’à être respectée.
Dans les mois qui suivront mon dernier traitement de chimio, je vivrai avec l’épée de Damoclès au-dessus de moi… mais j’aurai un suivi médical qui saura me rassurer amplement. J’aurai une prise de sang avec considération des marqueurs tumoraux à tous les trois mois. Dès qu’un changement significatif se présentera, je serai reprise en charge et on me ramènera sous la tutelle de mon ami Taxol. Au cinq mois, je repasserai un scan ou une résonnance magnétique. Ainsi, on saura toujours ce qui se passe dans mon corps. La guérilla des métastases aura à faire face à l’équipe médicale qui me protège. Je serai sous haute surveillance.
Le docteur Prady m’a encouragée à voyager et à poursuivre mes projets. Elle m’a dit que j’étais parmi ses rares patientes à vivre avec des projets malgré le pronostic sévère du cancer que je confronte. Je lui ai dit que pour moi, la mort est à mes côtés, à mes côtés seulement pas devant moi. Moi je suis toujours deux pas devant. C’est moi qui suis devant, pas la mort. C’est cette image qui me tient vivante, me dynamise… Car je me sens vivante. Très vivante. Je sais que je ne peux guérir, mon cancer étant trop métastasé, mais je peux vivre et surtout survivre aux statistiques.
Je suis tellement heureuse de savoir que j’aurai enfin du temps devant moi… Que ma vie ne tournera pas toujours au cancer et que le cancer ne mènera pas toujours ma vie.
Devant cet horizon qui semble s’entrouvrir et se colorer comme un arc-en ciel, Pierre et moi avons décidé de retourner au Brésil, à Salvador de Bahia, dès le début de septembre. On veut reprendre ce voyage que nous avions dû annuler le 25 janvier dernier, à l’annonce du diagnostic néfaste.
D’ailleurs, avec tout ce chambardement des derniers mois. on veut changer beaucoup de choses dans nos vies… On porte vraiment un nouveau regard… Différent. On pose de nouveaux gestes… on ne s’inquiète plus de la même manière. ON goûte davantage à l’instant présent…
Je me sens vivante.
Je me sens vraiment vivante…
Si vous saviez combien je vous dois une fière chandelle… Je vous aime… Vous êtes tous et toutes dans mon cœur…
J’ai de l’espoir… Wow !
Claire, la cancéreuse qui a de l’espoir.
Comme je rencontrais mon oncologue, le docteur Prady, j’en ai profité pour jaser un brin. J’aime cette femme. Je crois en elle… Elle a toute ma confiance. Lors de notre entretien, elle m’a offert une alternative : prolonger mes traitements de chimio. Au lieu de six traitements, elle m’en propose huit. Cette offre est alléchante… mais elle est aussi à risque. Comme je réagis très bien à ce traitement, deux traitements de plus pourraient reculer et de beaucoup toute récidive… On parle d’années ! Toutefois, le Taxol provoquera peut-être une certaine neuropathie… Je pourrais avoir des séquelles permanentes dans les extrémités : mes doigts et mes pieds. Je pourrais me retrouver en fauteuil roulant. Mais, mais….mais…. J’ai commencé à avoir certains fourmillements dans le pied droit qu’au cinquième traitement… J’ai donc de fortes chances de ne pas développer une neuropathie sévère… Je dois réfléchir aux conséquences… Mon oncologue aussi analysera les conséquences. Elle rencontrera un spécialiste cette semaine et lui parlera de mon cas. Vendredi prochain, on se donnera l’heure juste…en même temps que nos réponses. Évidemment, l’éventualité de repousser la récidive est vraiment une perspective qui me plaît, m’enchante, m’excite ! Beaucoup….! Je ne sais trop encore quoi décider… Je réfléchis…. Que feriez-vous à ma place ?
Elle m’a aussi expliqué ce que serait le suivi, une fois mon protocole de chimio terminé. Non, contrairement à ce qu’on aurait cru, je ne suivrai pas de radiothérapie. Ouf ! Je suis contente… Vu que je n’ai pas de cancer du col de l’utérus, mais plutôt un cancer des ovaires, ce traitement de radiothérapie n’est plus adéquat… Si vous saviez combien j’exulte ! Je n’avais pas vraiment le goût de suivre cette cure. Surtout que j’avais rencontré lundi dernier, la médecin oncologue de l’hôpital Notre-Dame… Elle et moi, on n’aurait pas fait une bonne équipe. Je ne voulais pas d’elle comme compagne de route… Vraiment pas. J’ai vécu une bien mauvaise expérience lundi matin dernier lorsque je l’ai rencontrée. Pierre qui était avec moi, n’en revient pas encore de son attitude… Je vous passe les détails. Il y a des gens qui n’ont pas d’empathie et qui voit les patients comme des cas, des cobayes… Moi, je ne suis pas ça. J’ai peut-être le cancer, mais je suis encore une personne à part entière, avec encore un bout de dignité qui ne demande qu’à être respectée.
Dans les mois qui suivront mon dernier traitement de chimio, je vivrai avec l’épée de Damoclès au-dessus de moi… mais j’aurai un suivi médical qui saura me rassurer amplement. J’aurai une prise de sang avec considération des marqueurs tumoraux à tous les trois mois. Dès qu’un changement significatif se présentera, je serai reprise en charge et on me ramènera sous la tutelle de mon ami Taxol. Au cinq mois, je repasserai un scan ou une résonnance magnétique. Ainsi, on saura toujours ce qui se passe dans mon corps. La guérilla des métastases aura à faire face à l’équipe médicale qui me protège. Je serai sous haute surveillance.
Le docteur Prady m’a encouragée à voyager et à poursuivre mes projets. Elle m’a dit que j’étais parmi ses rares patientes à vivre avec des projets malgré le pronostic sévère du cancer que je confronte. Je lui ai dit que pour moi, la mort est à mes côtés, à mes côtés seulement pas devant moi. Moi je suis toujours deux pas devant. C’est moi qui suis devant, pas la mort. C’est cette image qui me tient vivante, me dynamise… Car je me sens vivante. Très vivante. Je sais que je ne peux guérir, mon cancer étant trop métastasé, mais je peux vivre et surtout survivre aux statistiques.
Je suis tellement heureuse de savoir que j’aurai enfin du temps devant moi… Que ma vie ne tournera pas toujours au cancer et que le cancer ne mènera pas toujours ma vie.
Devant cet horizon qui semble s’entrouvrir et se colorer comme un arc-en ciel, Pierre et moi avons décidé de retourner au Brésil, à Salvador de Bahia, dès le début de septembre. On veut reprendre ce voyage que nous avions dû annuler le 25 janvier dernier, à l’annonce du diagnostic néfaste.
D’ailleurs, avec tout ce chambardement des derniers mois. on veut changer beaucoup de choses dans nos vies… On porte vraiment un nouveau regard… Différent. On pose de nouveaux gestes… on ne s’inquiète plus de la même manière. ON goûte davantage à l’instant présent…
Je me sens vivante.
Je me sens vraiment vivante…
Si vous saviez combien je vous dois une fière chandelle… Je vous aime… Vous êtes tous et toutes dans mon cœur…
J’ai de l’espoir… Wow !
Claire, la cancéreuse qui a de l’espoir.
dimanche 15 juin 2008
Les petits imprévus….
Je me suis offert une petite vacance à l’urgence de l’hôpital Charles Lemoyne. Jeudi soir dernier, j’avais très mal…et je me suis mise à faire de la fièvre. Catherine m’a conduite à l’urgence. J’y suis restée jusqu’à samedi après-midi. J’ai été sous les antibiotiques et sous le dilaudil qui est une forme de morphine. La douleur a diminué considérablement, laissant place aux effets secondaires comme la constipation, une transpiration excessive, une somnolence accrue, une concentration difficile, etc. Je vous écris et je trouve cela difficile… Je cherche mes idées… Il y a plein de brouillard…
Tout ce chambardement est dû à une infection urinaire causée par un malencontreux incident maladroit lors de ma chirurgie. On a brûlé par inadvertance l’uretère et pour mieux contrôler la cicatrisation, on y avait installé un genre de fil de métal qu’on appelle un Double J… D’après les deux médecins qui m’ont examinée, l’infection proviendrait de ce fil de métal. Toutefois, l’urologue de l’urgence ne recommande pas de l’enlever… Cette semaine, j’aurais donc à rencontrer un autre urologue pour une consultation sur l’utilité de conserver ce double J… Ça m’occupe !
Ce qui me choque, c’est que toute cette aventure n’a rien à voir avec mon cancer ! Ce sont les conséquences d’une incompétence… Il y a cinq semaines depuis ma chirurgie. Il me semble que la douleur devrait diminuer…Je suis tannée… Je suis tannée de ces imprévus médicaux… J’ai tellement hâte d’avoir une vie un peu plus normale…
Demain matin, je rencontre le docteur Marjorie Jolicoeur à l’hôpital Notre-Dame. J’ai une consultation concernant mon traitement de radiothérapie… Puis jeudi, le 19, j’aurai mon 6e traitement de chimio et j’espère bien que ce soit le dernier…
J’aimerais bien avoir congé en juillet de tous les traitements quelconques ou possibles … Reposer mon corps de toute la cochonnerie que je lui fait avaler depuis cinq mois…
Je vous embrasse tous et toutes. Je vous serre dans mes bras…
Je m’en vais me reposer, je me sens toute molle !
Avec toute ma tendresse.
Claire.
Tout ce chambardement est dû à une infection urinaire causée par un malencontreux incident maladroit lors de ma chirurgie. On a brûlé par inadvertance l’uretère et pour mieux contrôler la cicatrisation, on y avait installé un genre de fil de métal qu’on appelle un Double J… D’après les deux médecins qui m’ont examinée, l’infection proviendrait de ce fil de métal. Toutefois, l’urologue de l’urgence ne recommande pas de l’enlever… Cette semaine, j’aurais donc à rencontrer un autre urologue pour une consultation sur l’utilité de conserver ce double J… Ça m’occupe !
Ce qui me choque, c’est que toute cette aventure n’a rien à voir avec mon cancer ! Ce sont les conséquences d’une incompétence… Il y a cinq semaines depuis ma chirurgie. Il me semble que la douleur devrait diminuer…Je suis tannée… Je suis tannée de ces imprévus médicaux… J’ai tellement hâte d’avoir une vie un peu plus normale…
Demain matin, je rencontre le docteur Marjorie Jolicoeur à l’hôpital Notre-Dame. J’ai une consultation concernant mon traitement de radiothérapie… Puis jeudi, le 19, j’aurai mon 6e traitement de chimio et j’espère bien que ce soit le dernier…
J’aimerais bien avoir congé en juillet de tous les traitements quelconques ou possibles … Reposer mon corps de toute la cochonnerie que je lui fait avaler depuis cinq mois…
Je vous embrasse tous et toutes. Je vous serre dans mes bras…
Je m’en vais me reposer, je me sens toute molle !
Avec toute ma tendresse.
Claire.
lundi 9 juin 2008
Je suis encore émue…

Quelle belle expérience j’ai vécue vendredi soir dernier, au Relais pour la Vie qui se tenait près de chez moi, à Chambly. Mes filles avaient bien organisé notre lieu de repos. C’était vraiment confortable… Dès 19 h, on remettait un chandail jaune à tous les « survivants du cancer » présents pour la marche. J’y étais évidemment. Je n’ai pu m’empêcher de pleurer lorsqu’on nous a demandé d’ouvrir chacun notre petite boîte blanche, remise quelques
Vers 22 h, après avoir allumé les quelques 4000 luminaires qui contournaient tout le circuit du relais, le silence s’est installé dans la foule qui s’était amassée. À la lueur des luminaires, un coureur tout de blanc vêtu a fait trois tours de piste au son de la cornemuse, sur cet air bien connu
Puis, la nuit a commencé… Prenant le relais, les membres d’une cinquantaine d’équipes ont marché tour à tour, toute la nuit…
Je crois que cette nuit m’a apporté la paix. À regarder le ciel toute la nuit, à distinguer les étoiles et même
Quelle belle expérience ! Grandiose !
L’an prochain, je veux revivre cette expérience. D’année en année… Longtemps.
L’an prochain, je marcherai encore. Je serai fière… Fière d’être une survivante de ce monstre qui nous gruge les entrailles.
Je vous embrasse tous et toutes et vous remercie pour cette énergie que vous m’envoyez et qui m’alimente. Avec vous, je vais vers la victoire de ma première grosse bataille… Wow !
Je vous aime.
Claire.
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